L'histoire : Fiver, un jeune lapin chétif et hypersensible, prédit que la garenne où il est né sera détruite très bientôt. Son frère Hazel, plus robuste et équilibré, le croit. Le soir même, les deux frères et une poignée de compagnons partent à l'aventure. Après un voyage long et difficile, fertile en péripéties, le petit groupe parvient à l'endroit idéal pour fonder la nouvelle garenne. Malheureusement, ils doivent défendre leur territoire contre leurs voisins et leur terrible chef, le général Woundwort...

Le personnage de John Hurt: Hazel/Cajou est un lapin d'un an, robuste et respecté, rempli de bon sens et d'humour. Son affection profonde pour son frère, le fragile et marginal Fiver, est très touchante. Bienveillant et assoiffé de justice, il protège les lapins les plus fragiles du groupe de fuyards, Fiver et Pipkin. Ses qualités font rapidement de lui le chef du groupe, même si certains de ses compagnons sont plus expérimentés, intelligents ou forts que lui.

Ce film est un poème trempé dans l'aquarelle, au souffle épique très puissant. Les personnages principaux ont tous une personnalité bien définie sans pour autant être de purs stéréotypes. La musique est magnifique.

La version originale anglaise met également en vedette les voix de Richard Briers (Fiver), Denholm Elliott (Cowslip/Narcisse), Zero Mostel (Kihah), Nigel Hawthorne (Campion), Harry Andrews (le général Woundwort), Ralph Richardson (le chef des lapins de la première garenne), etc.

La version française est excellente : la traduction est fidèle et les voix ressemblent beaucoup à celles des acteurs originaux.

Je n'ai pas encore pu examiner la traduction française du roman de Richard Adams ; néanmoins, j'en recommande fortement la lecture.

Une forme d'extase: Lire le roman tout en écoutant la vidéocassette.

Une nouvelle série de dessins animés inspirée de Watership Down est maintenant présentée au réseau canadien YTV. C'est une coproduction canado-britannique destinée aux enfants de moins de 12 ans.

Le graphisme est très différent de celui, sublime, du film de Martin Rosen. Banal et sans aucune poésie, il fait penser aux plus médiocres productions de Disney. Les personnages sont plats et stéréotypés malgré les acteurs talentueux qui leur prêtent leur voix, dont John Hurt (le général Woundwort), Richard Briers (Campion) et Jane Horrocks. Peu palpitantes, les mésaventures de ces lapins-là n'ont éveillé aucune émotion en moi.

Quelques changements: Blackberry, le cerveau du groupe, est devenu une femelle ; Bigwig (Brocoli) porte maintenant la barbe ; le courage de Pipkin (Papillon) a énormément grandi ; La prescription de valium de Fiver l'a beaucoup calmé...

En outre, les lapins de la série ressemblent très peu à ceux dessinés par Martin Rosen. On peut supposer que, les producteurs de la série, se refusant à payer des droits à Rosen, ont décidé d'utiliser des dessins très différents, sinon complèment différents, de ceux du film.

Un exemple aberrant : le Hazel de la série ressemble presque à s'y méprendre, mais en moins joli, au Blackberry du film!

Un site indispensable sur le roman et le film:

www.watershipdown.org

Le site officiel de la série comprend des articles sur les acteurs dont John Hurt et Richard Briers, ainsi que des photos et un mini-documentaire sur l'enregistrement des voix) :

www.watershipdown.net