LES NOMS DE FAMILLE ARMENIENS

Les finales en IAN, I, ou ENTZ apparaissent au XVIIIe siècle, dans des familles des couches sociales élevées. Dans quelques rares cas,pour les grandes familles nobles, la finale est OUNI, (usage emprunté au royaume arménien de la fin de l'antiquité).

Avant le XVIIIe siècle, il n'y avait pas de nom de famille pour les milieux populaires. On disait Hagop fils de Bedros, ou BEDROS-OGLOU en turc

A partir du début du XIXe siècle le " ian " est généralisé :
Hagop Bedros-oglou devient Hagop BEDROSSIAN
Mais le nom n'est pas " figé " :

Exemple :
- Hovhannès fils d'Hagop Bedrossian peut s'appeler Hovhannès HAGOPIAN.
- Hovhannès est boucher (kassab en turc) : il peut s'appeler aussi Hovhannès KASSABIAN
- S'il est boîteux, il peut s'appeler Hovhannès TOPALIAN (Le boîteux)
- Il est de Sivas, il peut s'appeler SIVASLIAN

A la fin du XIXe siècle, le nom est " figé " : il se transmet obligatoirement aux enfants : Le fils d'Hovhannès Bedrossian s'appelle aussi BEDROSSIAN et le fils de Topalian s'appelle également TOPALIAN.

En résumé :
Les noms de familles en " ian " apparaissent tardivement.
Ils sont basés soit :
- sur le prénom du père : HAGOPIAN, KHATCHADOURIAN, HAROUTHIOUNIAN, SEROPIAN, etc...
- sur le métier (en turc) : KEBABDJIAN, DOLMADJIAN, TCHILINGUIRIAN, BOYADJIAN, etc...
- sur un détail physique (en turc) : CHICHMANIAN, TOPALIAN, etc...
- sur une ville d'origine (nom de la ville + LIAN) : IZMIRLIAN, AINTABLIAN, ISTAMBOULIAN, etc...

Certains nom de métiers ont été donnés par dérision. Par exemple Jean, évêque de Sémiramide (Van) et patriarche de Constantinople (1630-1703) est appelé à TOUTOUNDJI (marchand de tabac) par dérision après ses poèmes contre l'usage et d'addiction au tabac.

Le DER qui précede un nom signifie que l'ancêtre éponyme était un prêtre.
Ex : Der Baghdassarian : les enfants du prêtre Baghdassar.

Quelques noms en VERD ("don" en arabe) viennent de Perse :
- ALLAH-VERD-I : Don de Dieu : (en arménien ASSADOUR)
- ISSA-VERD-ENTZ : Don de Jésus : (en arménien KHATCHADOUR)
- CHAH-VERD-IAN : Don du Seigneur : (en arménien DIRADOUR)

Quelques personnalités modernes ont adopté des noms avec des finales en ENTZ ou OUNI. Mais ce sont des pseudonymes.

Ex : P. Garabed AMADOUNI : vrai nom : PARMAKSIZIAN
Ex : AKOUNI : vrai nom : Khatchadour MALOUMIAN
Ex : Vahan TOTOVENTS : vrai nom TOTOVIAN
Ex : Kevork GARVARENTZ : vrai nom ARABADJIAN

Les noms finissants par IANTZ viennent principalement des zones anciennement sous occupation russe au XIXe siècle : Tiflis, Erevan, Karabagh.
Ex: MIRZAYANTZ, BAGHDASSARIANTZ, etc.

Les noms arméniens finissants par IANTI indique une provenance de Géorgie ottomane : Akalzikh, Akalkalak, Artvin. Dès la seconde moitié du XVIIIe on trouve de tels noms.
Ex: AGHAMALIANTI, CHAHGULIANTI, KUZIANTI, etc.

Le TZI est une finale arménienne qui indique comme le LIAN la provenance géographique. Il est usité avec le XIXe siècle.
ex: Oskan Yerevantzi = Oskan d'Erevan
Ce n'est pas vraiment un nom de famille. C'est un qualificatif pour mieux situer le personnage.

Une curiosité :
Le nom BALIAN existait avant le XIXe siècle, mais c'est parce que c'est un PRENOM: Du temps du royaume de Cilicie, BALIAN était un prénom très à la mode (voir par exemple le chevalier Balian d'IBELIN). La finale en IAN de ce prénom, semblable à la finale des noms arméniens du XIXe siècle, est une pure coïncidence (Comme le prénom Yann en français!). Aussi Balian/Ballian en tant que prénom s'est transmis comme patronyme, au même titre que Nersès, Bédros, Kévork, etc... mais il n'y a pas eu besoin de rajouter de finale IAN puisqu'elle était déjà présente.

IAN et YAN
La transcription française de la finale IAN des noms arméniens est avec un I après une consonne (ex: NOUBARIAN, KEVORKIAN, etc...) et avec un Y après une voyelle (ex: SOSSOYAN, MIRZAYAN, etc...)

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